Kyrie Eleison - Les enfants de Satan

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Nous sommes en mars 1850...Le temps est plutôt à la pluie du côté de Paris, brumeux pour la Transylvanie et clément en Italie...


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 Un chasseur sachant chasser sans son chien... [pv. Azraëlle]

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Céleste
Théâtre des Vampires
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Théâtre des Vampires

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5



MessageSujet: Un chasseur sachant chasser sans son chien... [pv. Azraëlle]   Dim 5 Aoû - 15:08

Lorsque Céleste n’enfilait pas une robe à lourds jupons, tous savaient qu’elle était en chasse. Ce genre de soirs, elle faisait l’effort d’alléger ses tenues pour que celles-ci ne la gênent pas dans sa traque. Pourtant, hors de question qu’elle délaisse la dentelle et les pierreries. Au contraire, comme les pêcheurs qui accrochent des objets brillants à leurs hameçons, la lumière qu’elles reflétaient attirait les petits poissons assez près pour qu’elle puisse plus aisément s’en emparer. Technique de chasse intéressante, n’est-ce pas? Ce n’était qu’une seule des nombreuses qu’elle utilisait durant ses nuits de chasse. On aurait pu croire que Céleste chassait pour deux, tant elle pouvait faire de victimes en une soirée. Pourtant, si elle tuait autant, c’était pour étancher une soif qui ne serait probablement jamais satisfaite. Il ne fallait pas se leurrer, les chances qu’elle avait de satisfaire son idée de vengeance qu’elle ruminait depuis des années déjà étaient très minces. Elle ne perdait pas espoir, loin de là, mais bien souvent elle avait besoin de nuits entières pour traquer une proie après l’autre, la chasse la distrayant.

Cette nuit là, comme bien d’autres auparavant, Céleste sortit furtivement du théâtre des vampires, se fondant à la nuit comme si elle était une robe parmi tant d’autres, revêtant l’identité anonyme d’une parisienne dont les chaussures meurtrissant ses petits pieds foulaient les pavés dans la fraîcheur nocturne. Le bruit délicat de ses semelles contre le sol faisait aussi partie de ses techniques de chasse les plus délicates. Le bruit de ses pas attirerait bien un ou deux inconscients dans ses filets, et les rendrait encore plus faciles à tuer, bien entendu. Malgré tout, la stratégie s’arrêtait là. Céleste était une sanguinaire tueuse, pas une enjôleuse, et perdre son temps dans l’élaboration de stratégies plus tordues les unes que les autres afin de mettre la main sur sa proie n’était pas du tout dans ses cordes. Céleste ne choisissait d’ailleurs ses encas que lorsqu’ils avaient de beaux bijoux ou de beaux vêtements.

La vampire aux cheveux de jais connaissait à présent bien son terrain de chasse. Elle avait commencé il y avait des années de cela sur les rues passantes, du moins, durant la journée. Elle avait été surprise de découvrir que la nuit elles étaient presque aussi bondées, et elle avait entamé un repli stratégique vers des petites rues plus tranquilles, où elle pourrait tuer sans qu’aucune disparition n’alerte qui que ce soit. Puis, plus les années passaient et plus elle gagnait de l’expérience, elle ne fit plus aucune distinction entre les proies faciles et les proies plus ardues. Tout ce qui comptait à ses yeux enfiévrés de colère, c’était le cou de ses victimes sous ses puissantes canines alors qu’elle les vidait une à une de leur sang.

Le sanguinaire repas commença alors que la vampire se promenait à proximité de la cathédrale et qu’une jeune fille ornée d’un splendide collier eut la malchance de passer trop près d’elle. L’agrippant par le poignet, elle l’attira dans l’ombre avant même que son époux, qui pourtant marchait bras-dessus, bras-dessous à ses côtés, ne se rende compte de sa disparition. Quelle tête en l’air tout de même, pour se faire voler sa femme juste sous son nez. Une main plaquée sur la bouche de son échauffement, elle entraîna la brunette un peu plus profondément dans les ruelles, marchant d’un pas assuré tout en lui murmurant sur un ton doucereux, sans même cacher sa véritable nature, qu’elle comptait abréger ses souffrances rapidement en lui faisant subir la pire saignée qu’elle n’aurait jamais vécue. La jeune femme à la peau de marbre ajouta que si elle osait crier, elle lui briserait tout simplement la nuque et abandonnerait son cadavre sur place. C’est donc en étouffant les petits couinements de sa proie apeurée qu’elle planta ses canines dans son cou, d’abord prudemment et ensuite avec force, laissant s’écouler le liquide rougeâtre dans le fond de sa gorge. La bête fit néanmoins le tout proprement, se détachant de la jeune femme avant d’avoir pris la dernière goutte de son sang, et s’essuya effrontément les commissures des lèvres avec la manche de la robe de celle-ci. Elle ne se gêna pas pour s’emparer du collier de perles, de le nettoyer avec le vêtement de sa proie à l’aube de la mort, puis de l’attacher autour de son cou, où il passerait le reste de la nuit. Son dernier acte, dans un élan de bonté, fut de traîner ce qui serait bientôt un vulgaire cadavre sur le bord de la route, dissimulé derrière des caisses quelconques. On ne le retrouverait que le lendemain, ou quelques jours plus tard, même, et elle serait déjà ailleurs lorsque les gens mettraient la faute sur la vermine grouillant dans les ruelles de paris sans même se douter que les vampires étaient à l’origine de ce massacre.

Sachant qu’elle pouvait continuer à se balader, impunie, un sourire en coin étira les lèvres et elle caressa du bout des doigts le collier de perles, derniers vestiges de cette brunette qui s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Pourtant, Céleste ne se contenterait pas que de ce premier trophée de chasse. Cela ne faisait que commencer, et Notre-Dame connaîtrait un jour macabre lorsque le soleil poindrait à l’horizon. La bête retourna se tapir dans les ombres, guettant le moment où une autre proie apparaîtrait.
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Azraëlle
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"Triste Lune dont le reflet est accessible de tous. Toi Lune grise, tu règne sur ceux-là qui ne voient plus que toi...
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Une certaine scène, dans une certaine Capitale. C'est incertain.



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MessageSujet: Re: Un chasseur sachant chasser sans son chien... [pv. Azraëlle]   Mar 14 Aoû - 8:23

D'un œil absent Azraëlle fixait les rues pavées de la capitale française. Bondées d'un peuple bien divergeant de celui qui s'ébattait de jour, ces faubourgs possédaient un charme plutôt malsain pour qui s'y perdait de nuit, sans en avoir ni l'expérience, ni les manières. C'était cela qui plaisait à l'immortelle, ces nouvelles gens, ce petit peuple nocturne constitué de putains, d'ivrogne, de contrebandiers et de bien d'autres personnes tout aussi recommandables possédait un royaume que même les plus riches bourgeois ne pouvaient posséder. Car oui, noctambules étaient les ruelles de ces terres délirantes et dangereuses. Et ainsi était de même Azraëlle. Noctambule, délirante et dangereuse. D'un côté cela lui correspondait bien, de l'autre cette définition jurait totalement avec la robe délicate et rare que portait la jeune femme.

Elle avait pu s'accorder le luxe, ici à Paris de puiser dans les immenses réserves de richesses qu'elle avait accumulé au cours des siècles. Ce soir là, elle s'était vêtue de l'une de ces robes mises à la mode par la favorite du roi de France d'y il a cela bien des années. A l'origine conçue pour camoufler les grossesses de l’intrigante madame de Montespan, l'immortelle lui avait trouvé une toute autre utilisation. Son absence de ceinture à la taille permettait des mouvements plus amples, par exemple s'accroupir sur les toits pour regarder la ville dormir, et avoir suffisamment l'air d'une noble pour ne pas paraître déplacée lorsqu'elle désirait pénétrer dans l'un ou l'autre de ces salons emplis de beaux esprits du siècles. Aussi la robe couleur pêche en soie était du meilleur effet. Quant aux malotrus dans les bas quartiers qui s'approchait d'elle, elle en faisait son affaire. Ainsi était Azraëlle.

Son âge avait chassé ces envies intempestives de grande orgie sanglante, elle se pouvait passer de repas pendant le temps qu'elle désirait. C'était donc plutôt par plaisir de voyager dans la ville qu'elle avait connu sous son âge de lumière qu'elle se trouvait là. Mais ce n'était manifestement pas le cas de tout le monde : une jeune vampire tapissée dans l'ombre des bâtiments massifs de la rue où avançait Azraëlle venait de se constituer un repas, d'une jeune noble arraché au bras de son mari... Elle méprisa l'immortelle coupable de cet enlèvement, il n'avait rien d'artistique, de beau ou même d'instinctif dans ce geste. Une sorte de cruauté ridicule qui avait le don de mettre en rogne l'éternelle. Car oui, si l'on ne pouvait même plus dire que la mort avait quelque chose de plus beau, de plus grand que la vie, à quoi donc cela rimait-il de la faire régner chez les humains ? Cette mort là était laide et fade, ne relevait que totalement d'une vengeance dont les chasseurs peuvent s'octroyer la puissance. Mais ne voyait-elle donc pas, cette meurtrière, que son meurtre ne serait même pas digne d'un canard vulgaire ? Que son œuvre de destruction ne serait qu'un fait divers, tout au plus ? Elle s'agaça de cette négligence envers l'Art, et d'un pas vif, plus silencieuse qu'une louve en traque, elle s'approcha de l'immortelle. Cette dernière sans se rendre compte de la présence à quelques deux cents mètres de là d'une de ses semblables, -laquelle n'était pas moindre, et savait mieux que personne se faire invisible lorsque besoin était-, déroba le collier de la morte, l'essuya vulgairement sur son habit puis le passa comme une coquette à son cou de nacre. Elle traina ensuite le cadavre à l'abri de caisse d'un bois pourri par la charogne, à l'odeur Azraëlle y décela comme une odeur de fientes de gallinacé, ce qui n'avait d'ailleurs rien d'étonnant si l'on considérait la quantité abasourdissante d’abattoirs dans ce coin-ci de la ville. Mais l'abattoir que la vieille immortelle traquait était d'une autre nature, et se dirigeait en finesse vers d'autres proies. Un sourire sur ses traits parfaits balayait la nuit et le meurtre, comme une époussette l'eût fait de la poussière. Il ne pouvait pas exister de laideur dans la mort d'être aussi marmoréen, tel des statues antiques. Ah, quel tourments peuvent donc torturer une âme qui a élu résidence dans un corps d'Apollon, ou de Nymphe. Qui donc peut oser hanter la muse d'une peine ou d'un chagrin ? Mais ces questions Azraëlle le savait, étaient vaines, car tout être se devait souffrir, naturellement c'était comme respirer ou se nourrir. En moins vital, et pourtant plus pressant.

D'un geste souple, après avoir rejoint de si près sa consoeur qu'elle pouvait si elle le voulait la serrer dans ses bras sans faire un pas de plus. Elle lui saisit le bras d'un geste souple et délié. -On eut pu croire que l'immortelle qu'Azraëlle observait était curieusement insensible à la puissance de cette dernière qui émanait de tout son être. Mais non, simplement ce fût trop rapide, et cet instant décliné en description fut si bref, que la jeune vampire était déjà attrapée par l'éternelle au moment où elle la sentit.- Elle tira sur le membre qu'elle avait saisi avec délicatesse. Sa force était indéniable et l'étau de ses doigt inébranlable, mais sans violence aucune. Il n'y avait pas de cruauté dans ce geste, mais une sorte de moquerie qui lui était familière et toujours cette majesté parfaite, qui jamais ne la déparait.

« Hélas, sur quel jeune orpailleur ai-je fermé mes doigts? Il est vil et laid, et ose, sans discernement envoyer aux Enfers cette douce aimée d'Orphée. Ne peux-tu point soulager cet homme d'un si grand malheur, que celui dont tu l'as frappé en lui dérobant son Euridyce ? Tu ne me connais pas, mais tu sais combien grande est ma puissance. Allons, pourquoi te priver, répète le sort, car cet Orphée-ci a du faire bien plus que la regarder ! »


Je te tuerai Invité.

Merci.
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