Kyrie Eleison - Les enfants de Satan

Enfants de Dieu, vous voilà adoptés par Satan...
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Nous sommes en mars 1850...Le temps est plutôt à la pluie du côté de Paris, brumeux pour la Transylvanie et clément en Italie...


Les prédéfinis sont arrivés ! Adoptez-les, ils sont adorables <3

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 Parce que nous ne pouvons jamais être seul.

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Armand
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MessageSujet: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Jeu 17 Mai - 7:46




Armand ouvrit les yeux sur le velours grenat qui couvrait l’intérieur du cercueil dans lequel il reposait : il venait de se réveiller après avoir dormi de ce sommeil surnaturel qu’avait les morts. Des sommeils aux rêves rappelant le passé, le présent, mais rien d’étrange. Aucune incohérence propre aux rêves mortels truffés de choses loufoques et fantasmagoriques. Ce n’est pas que le sommeil mortel manquait à Armand, non, seulement que les rêves, qu’ils soient ceux d’immortels ou non, le lassaient. Il détestait ne pas avoir le contrôle de ce qu’il voyait et de ce qu’il faisait, ne pas avoir la possibilité de refuser, d’accepter, d’arrêter, de continuer…Le garçon resta quelques minutes sans bouger, seulement à fixer le capitonnage du sarcophage moderne et écouter les bruits des sous-sols du Théâtre. Les vampires partaient chasser, à l’Opéra, au théâtre, au bal…Oh, l’un d’eux allait même dans une réception de la plus riche famille bourgeoise de Paris. Quelle belle manœuvre celui-ci avait du faire pour se retrouver inviter à ce genre de fête. Armand lui, n’avait pas envie de parcourir Paris cette nuit, il n’avait pas faim et désirer être seul. Seul était un mot bien utopiste au théâtre quand la nuit battait son plein, mais il pouvait se révéler possible au début de celle-ci alors que les vampires étaient affamés et assoiffés d’amusement après leur sommeil trop paisible.
Finalement, quand les derniers claquements de talons -appartement certainement à une luxueuse paire de chaussure d’un vampire voulant se confondre avec la bourgeoisie- s’évanouirent , Armand leva son bras gauche, puis posa sa main contre le couvercle de son cercueil afin de l’ouvrir. Il poussa l’ouverture et se releva à demi dans le velours grenat et se retrouva entouré par le décor à présent bien connu de ses appartements. Des peintures d’école italienne sur les murs représentants des satyres et des hommes dans une orgie dionysiaque où se mêlaient l’ivresse et la luxure, le tout dans des teintes rougeâtres et sombres afin de rappeler l’enfer qui attendait les personnages de cette fresque. En face de lui, un grand lit à baldaquin de bois sombre qu’il préférait nettement à l’enfermement de son cercueil mais qu’il n’occupait que quand il avait un « invité » ou un compagnon mortel momentané. Il n’avait aucune crainte quand à la lumière du jour car même toutes portes ouvertes, aucune lumière ne pourrait pénétrer le sanctuaire qu’était les sous-sols de ce théâtre.
Armand sortit complètement de son cercueil pour rejoindre l’atmosphère froide due à la cheminée éteinte, qui faisait partie intégrante de ses appartements. Il aurait pu l’allumer, mais il n’avait pas envie de voir d’aussi gros feux que celui qui pouvait embraser cette large cheminée d’inspiration Renaissance sculptée à l’effigie du Diable. Il se contenta d’allumer les chandelles qui se trouvaient au dessus de celle-ci, apportant un peu de lumière à cette pièce encore si sombre.
Il n’entendait plus un bruit dans les sous-sols du théâtre et se contenta d’être seul, libre d’errer dans ces souterrains sans devoir se justifier ou saluer et discuter avec le prochain qu’il croiserait. Passant devant le miroir à pied de même inspiration que la pièce toute entière, il regarda quelque instant le même visage qu’il voyait depuis presque quatre cents ans. Ces mêmes courbes adolescentes, presque infantiles, ces grands yeux marrons si envoûtants pour la plupart de ceux qui les croisaient, ces boucles auburn des saintes personnes des tableaux de la Renaissance…Il aurait voulu voir à quoi il aurait ressembler si il avait atteint cinquante ans, trente ans…Ou juste vingt. Être aussi vieux que son créateur, ou du moins atteindre la période à laquelle il avait rejoint les rangs des enfants de Satan. Armand lissa de son index sa joue sur son reflet, puis se décida à sortir de ses appartements pour retrouver l’atmosphère encore taciturne du théâtre.
Il retrouva l’odeur humide de la pierre, pourtant camouflée par des tableaux et tapisseries, dans laquelle les sous terrains avaient été creusés. Il songea à se rendre vers les bains qui eux aussi devaient être vides et parcouru le dédale de couloirs quand quelque chose lui fit changer d’avis. Dans le silence presque superficiel et inhabituel résonnait des notes de piano indécelables lorsque les bavardages des vampires tonnaient dans les différents salons et s’engouffraient dans les couloirs. Finalement, il semblait qu’Armand ne soit pas aussi seul qu’il l’eut cru…Suivant la musique, il arriva sans surprise dans la salle prévue à cet effet, où une jeune fille de dos aux cheveux blonds jouait.

*Astrid…*


La protégée et l’aimée de Santiago. Pauvre créature innocente perdue dans cette jungle méphistophélique. Armand se demandait encore pourquoi Santiago l’avait choisie, elle n’était pas assez forte pour le suivre à jamais, sa longévité était déjà étonnante mais elle s’arrêterait dans peu de temps. Elle tomberait certainement dans cette folie du premier siècle, le cap où l’on comprend que réellement si le temps avait fait son devoir, l’on devrait être mort. Céleste, son ancienne compagne, n’était pas vraiment plus forte et plus durable mais au moins, en apparence elle donnait l’impression de l’être derrière ses plaisanteries et son goût de la vie…Bien que seule la vengeance la retenait à ce souffle de vie qui commençait à s’épuiser.
Le vampire à l’apparence angélique resta dans l’encolure de la porte à regarder les doigts de la jeune fille danser sur les touches d’ivoire afin de former une mélopée. Quand elle fut presque finie –tout du moins de l’avis d’Armand- il se rapprocha et ferma le couvercle de bois sombre de l’instrument. Astrid sursauta face à cette arrivée inattendue pour elle et eut juste le temps de retirer ses mains pour que le bois ne les écrase pas. Armand ne regardait déjà plus à cet instant, il avait fermé le couvercle de sa propre initiative sans se soucier d’autre chose. L’air vague, il s’assit sur le piano à queue, en tailleur, afin de se retrouver parfaitement face à Astrid, elle assise derrière l’instrument, sur le tabouret rembourré prévu à cet effet.


- Tu n’es pas avec Santiago ?...

Question inutile pour laquelle Armand n’attendait pas de réponse, et même si Astrid en fournissait une, elle serait ridicule puisqu’il avait très bien pu constater de lui-même ce qu’elle allait lui répondre. L’adolescent immortel sentait l’anxiété si présente en sa compagne de ce début de nuit et leva de ce fait ses yeux sombres vers les siens, d’émeraudes. A eux deux, ils devaient être beaux songea-t-il furtivement : deux représentations angéliques dans lesquelles sommeillaient un démon. Les cheveux pâles d’Astrid et son visage rappelait la pureté du ciel tandis que l’apparence infantile et innocente d’Armand évoquait les messagers du ciel des tableaux de l’époque classique.

- Et pas non plus en chasse…Pourquoi ?
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Astrid
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"Je pouvais sur mon coup, sentir sa chaude haleine. La peau de ma gorge commençait alors à me picoter... Je pouvais sentir les délicats et frémissants frôlements des lèvres sur ma gorge à la peau délicate, et la dure incision de deux dents aiguisées."




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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Sam 19 Mai - 12:00

La nuit était calme. Une énième nuit depuis le soir de sa transformation. Elle en gardait maintenant un étrange souvenir, tel un rêve dont on ne se souvenait plus avec grande précision. La chambre de Santiago avait pour seul lumière les bougies du chandelier, encore allumées. Il faisait sombre, et la nuit était calme et froide. Assise sur le lit à baldaquin, Astrid ne cessait de tracer des lignes imaginaires sur les draps de différents tissus. Elle tâta à la suite son collier d'argent, que son créateur lui avait offert quelques jours auparavant. Celui-ci était d'ailleurs partit à la chasse, comme beaucoup d'autre. Comme presque tout les autres. Elle observa un instant la chambre si situant dans les appartements privés. Appartements destinés aux vieux vampires, datant de plusieurs siècles. Elle avait de la chance que Santiago tienne assez à elle pour l'avoir convié à dormir dans cette chambre. Autrement, elle serait en ce moment même dans les dortoirs, endroit sombre et glacé. Et seul le diable savait à quel point elle détestait ce genre d'endroit. L'ennui la gagna peu à peu, d'un ennui incertain. Elle ne voulait pas dormir, et elle avait faim - ou plutôt soif. Et la soif ne s'étanchait que d'une seule et unique façon. Mais, elle n'en ressentait pas le besoin, et surtout pas l'envie. Se levant délicatement du grand lit, elle se mit en direction de la grande porte qui la mènerait vers la sortie - les couloirs - et la refermant derrière elle. Elle maintenu une démarche lente et calme, tournant la tête à chaque portes qu'elle croisait. Une de celle-ci la fit s'arrêter, et elle n'hésita pas une seule seconde avant de s'engouffrer à l'intérieur de la pièce, prenant bien soin, une fois de plus, de refermer la porte derrière elle. Se dirigeant vers l'objet de ses convoitises, la tête fixant son but, sa robe de flanelle blanche qui glissait sur le sol à mesure des ses pas, elle avait l'allure même d'un fantôme.
Elle s'assit sur le tabouret, en face du somptueux piano à queue, avant de se mettre à caresser doucement les touches de celui-ci, sans pour autant faire pression dessus. Un léger soupir s'échappa de ses fines lèvres pâles, puis elle se mit à jouer. Ses yeux se fermèrent automatiquement, tel un baiser passionné soudain, alors que la douce mélodie imprégnait ses sens, reflétait le chemin de sa vie, aussi ambiguë que cela puisse être. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas joué. Elle n'osait demander à Santiago de l'accompagner ici. Elle n'aimait pas jouer devant les autres - la seule fois qu'elle le fit, ce fut lorsqu'elle fut convié à la soirée que donnait Eshiny, "reine de l'empire Transylvain". Malgré cela, son créateur savait la passion que sa chère et tendre avait pour le piano, et il aimait l'écouter. Elle ne lui refusait jamais cela, elle ne pouvait pas. C'était rare, mais certains soirs d'ennui, il aimait se distraire de la sorte. Astrid en fut toujours heureuse et craintive. Cela lui donnait une occasion de pouvoir jouir de sa passion, mais elle n'aimait pas le regard insistant que posait Santiago sur elle. Perdue dans ses douces pensées, ses doigts continuèrent de caresser le piano, avant qu'un des vampires, aux cheveux bruns ondulés, du théâtre fasse son apparition. Elle ne le reconnut pas immédiatement comme étant Armand, l'un des éléments principal du théâtre des vampires - ou même le plus important. Elle sursauta à son apparition, et lorsqu'il ferma le couvercle de bois du piano majestueux, elle eut juste le temps de les retirer, avant qu'il ne les écrase. Elle croisa son regard, alors que ses yeux émeraudes se mélangèrent aux siens, tandis qu'elle ne cessait d'admirer sa mine angélique. Lui s'assit tout bonnement sur le piano. Elle ne put détacher son regard du sien, avant qu'il ne brise le silence, devenu pesant.

- Tu n’es pas avec Santiago ?...

Santiago ... Il est vrai que la plupart des vampires du théâtre ne parlait pas de l'un, sans que l'autre ne soit lié. Ce qui était une normalité évidente. Astrid ne passait pas une seule de ses journées, une seul de ses nuits - ou presque - sans lui, à ses côtés. Elle ne trouvait plus le sommeil sans lui, tant elle était habituée à sa présence. Mais, ce soir, là, non, elle n'était pas avec Santiago. Une évidence.

- Et pas non plus en chasse…Pourquoi ?


Cette question se mélangeait à d'autre dans ses songes, et il y réfléchit elle-même un instant, non sans quitter Armand des yeux. Santiago aurait voulu qu'elle l'accompagne, comme toujours. Elle réussissait de temps à autre, comme cette nuit-là, à décliner l'invitation. Chasser, était pour elle, une sorte d'affreuse punition. Elle aimait le sang, elle ne pouvait le nier. Il était sa seul nourriture, après tout. Mais c'est tuer, qu'elle ne désirait en rien. Elle avait, à plusieurs occasions, demander l'autorisation à Santiago de ne se nourrir que d'animaux. Il avait refusé, affirmant qu'il fallait s'habituer au sang humain, et que ce, une fois fait, elle n'aurait plus peur de chasser. Mais la crainte était toujours là, depuis quatre-vingts années. Il avait ajouté qu'elle lui ferait honte si elle ne chassait qu'animaux. Depuis ce jour, elle ne lui reposa plus jamais la question, ayant trop peur de sa réaction. Alors, elle se contentait d'esquiver les parties de chasse qu'il organisait, bien que cela jouait sur son état mental. Elle ne tenait jamais trop longtemps, ressentant toujours le besoin de se nourrir, mais elle faisait comme elle pouvait. Alors, ne souhaitant pas ennuyer Armand avec ses propos, mais surtout ne pas lui en dire trop, elle se contenta de souffler :

- Je n'aime pas la chasse.

Sa voix était calme, et passive. Elle n'exprimait rien, ne ressentait rien. Elle n'aimait pas la chasse, ceci était un fait, une vérité des plus innocentes. Armand se moquerait peut-être de ce jeune vampire n'appréciant pas la chose la plus importante qui fut le pourquoi le vampire avait été crée. Souhaitant ne pas s'attarder sur ses goûts et ses envies, elle reporta son attention sur le vampire, assis sur le piano à queue, en face de la belle.

- Et vous, que faites-vous ici ? Pourquoi ne pas être parti chasser ? Je suppose que la raison est tout autre...




« Chaque note de musique résonne comme un tintement de cloche
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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Mar 22 Mai - 16:34

- Je n'aime pas la chasse.

Armand arqua un sourcil face à cette affirmation, laissée échappée comme une soupir, lasse d’avoir déjà été prononcée. Le garçon reconsidéra donc la vampire qui se tenait en face de lui, toujours assise sur le tabouret rembourré de velours aubergine, du piano à queue, sur lequel il s’était installé. Ne la connaissant pas, me connaissant très bien Santiago et Céleste, il s’étonna que le créateur de ces deux jeunes femmes en ait justement choisies deux bien différentes, ou du moins, que sa dernière n’ait pas hérité de son goût avoué pour la chasse aux mortels à travers les rues de Paris. Il avait toujours été doué pour exaspérer et rendre folle sa victime, avec ses tours de passe-passe et autres astuces, avant de finalement céder à la faim dévorante -qui devait le consumer dès qu’il avait posé les yeux sur ce mortel- lorsqu’elle renonçait à comprendre quoi que ce soit dans ce jeu habile d’immortel.

- Et vous, que faites-vous ici ? Pourquoi ne pas être parti chasser ? Je suppose que la raison est tout autre...

Ce n’est pas qu’Armand attendait cette question, mais il ne fut pas surpris. Après tout, c’était quelque chose…d’humain de renvoyer les questions à son interlocuteur. Justement, Armand ne l’était plus. Si il avait été à la place d’Astrid, sans doute n’aurait-il pas posé cette question, par oubli des convenances conversationnelles ou juste par négligence de la vie de l’autre. Même si l’on répondait à ses questions, lui, cela lui importait peu de répondre à celles des autres, non pas par non vouloir ou à cause d’une attitude secrète, non, seulement par non intérêt : Il savait ce qu’il voulait savoir, c’était tant mieux, il ne prêtait pas attention à ce que les autres voulaient savoir.
En ce début de nuit, Armand était tenté de dédaigner les questions d’Astrid, bien qu’y répondre ne dévoilerait en rien des choses compromettantes ni même d’une quelconque importance.
Relevant son regard –qui était parti batifoler sur les toiles baroques, maintes et maintes fois observées, à ne plus en trouver un détail qui lui aurait échappé, qui couvraient les murs- sur Astrid, il entretint le silence qu’il avait instauré presque quelques minutes auparavant, encore quelques temps. Dans la vie d’un immortel, ces secondes retirées au grand sablier de la vie importait peu, de toutes manières, il avait perdu la vie, de ce fait, les secondes, les minutes, les heures, les années, n’étaient plus que des grains de sable au contraire ajoutés au sablier de la vie qui ne risquerait pas d’imploser de trop contenir de souvenirs.


- Effectivement. Si la traque humaine me répugnait en quelques manières, je ne serais pas en face de toi à te demander en quoi toi, tu ne l’aimes pas.

Cette question rappelée sans même avoir été posée n’entendait pas de réponse. Si Astrid choisissait d’en fournir une, c’était tant mieux, dans le cas contraire, tant pis. C’était inhabituel un vampire qui n’aimait pas le délicieux nectar ruisselant des corps chauds des mortels encore figés de peur. A moins que ce non amour soit une sorte de pitié envers cette race inférieure à laquelle tous les immortels ont un jour appartenu. Si c’en était le cas, la jeune fille –qui n’était plus si jeune à en réfléchir- finirait bien assez tôt à abandonner cette miséricorde pour l’étreinte mortelle.

- La mort que tu as en toi, tu dois la donner à quelqu’un, afin qu’elle ne grandisse pas davantage et qu’elle te choisisse toi, comme destinataire de son terrible cadeau. Si les oiseaux volent, c’est qu’il y a une bonne raison, si les fleurs s’ouvrent, c’est qu’il y a une bonne raison, il en est de même pour nous, si nous avons la capacité surnaturelle de tuer, pourquoi la refuser et la chaîne qu’imposa la nature ?
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Astrid
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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Mer 4 Juil - 14:02

- Effectivement. Si la traque humaine me répugnait en quelques manières, je ne serais pas en face de toi à te demander en quoi toi, tu ne l’aimes pas.

Cette question indirectement posée, ne méritait là aucune réponse. La politesse ne venait rien faire ici, puisque l'amabilité de ses paroles, était probablement le but de ce cher Armand que de laisser le choix à la jeune vampire. Elle feignait l'indifference comme Santiago lui avait appris : le visage impassible, les yeux n'exprimant qu'ennui. Elle toisait Armand du regard comme si elle pouvait lire en lui ses plus profondes pensées cachées.
Celui-ci choisit de reprendre, faisant une sorte de morale sans propres moralités.

- La mort que tu as en toi, tu dois la donner à quelqu’un, afin qu’elle ne grandisse pas davantage et qu’elle te choisisse toi, comme destinataire de son terrible cadeau. Si les oiseaux volent, c’est qu’il y a une bonne raison, si les fleurs s’ouvrent, c’est qu’il y a une bonne raison, il en est de même pour nous, si nous avons la capacité surnaturelle de tuer, pourquoi la refuser et la chaîne qu’imposa la nature ?

Astrid ne put garder un visage impassible sur cette phrase sans fin. Elle fronça légèrement les sourcils, dans une expression incompréhensive. Elle se remémorait ses paroles doucement, délicatement, telle une fleur tombant d'un cerisier, avant de se poser lentement sur le sol. Les oiseaux volaient car leurs ailes étaient assez larges pour faire face au vent. Les fleurs s'ouvraient pour permettre au soleil de les illuminer et de les faire grandir. Et les vampires... Les vampires ne devraient pas exister. Elle ne souhaitait pas répondre à cela immédiatement. Alors, comme pour gagner une once de temps de réfléxion, elle choisit de répondre à sa première question, aussi indirecte soit-elle :

- Je n'aime pas la chasse. Je n'aime pas la chasse, car c'est un jeu puéril, sauvage et barbare. Ces humains que nous tuons pour nous nourrir, ces humains qui auraient pût être nous, naguère. Avant que nous devenions des vampires assoiffés de sang frais, nous étions humains. De pauvres mortels. Et pourtant, cela, tous semblent l'avoir oublié.

Astrid avait baissé la tête, dans un signe de faiblesse peut-être. Ses yeux exprimaient la profonde tristesse, l'incompréhension d'être devenue ce qu'elle détestait pourtant. Elle jalousait ces pauvres mortels, comme elle disait. Elle les jalousait même de mourir, de se faire tuer par ces traqueurs. Elle, aurait préféré mourir de leur faute, que devenir l'un des leurs. Elle aurait souhaiter une autre vie. Une vie meilleure. Et si pour certains, une vie meilleure signifiait une vie immortelle, elle, ne souhaitait qu'une vie simple de mortelle. Son ancienne vie, elle l'avait presque oublié. L'image de ses parents étaient floues. Elle ne réussissait pas à retracer leur sourire, leurs yeux pétillants. Elle les avait oublié. Eux qui ne s'étaient jamais intéressés à elle. Mais elle aurait préférer retourner à cette vie, cette vie pourtant malheureuse, que rester ici, vivre ici, tout en étant vampire.

- Cette mort, que j'ai en moi, dis-tu. Cette mort qui me possède, qui me ronge de l'intérieur, jamais, Ô grand jamais, je ne la donnerai à qui que ce soit. C'est cette même mort qui me garde éternel le seul côté mortel que je possède encore. Si je la donnai, alors je deviendrai comme eux... Comme vous... Des monstres ayant le hobbie de traquer, de jouer, de tuer, et même d'en jouir. Je refuse.

Elle avait parlé dans un souffle. Exprimé ce qu'elle ressentait dans un soupir. Elle se fichait qu'Armand n'était pas comme elle. Elle se fichait qu'il aille répéter ses veines paroles à Santiago... Non, en vérité, elle ne redoutait que cela. Voilà qu'elle parlait sans réfléchir, dorénavant. Si son créateur apprenait la nouvelle, il se mettrait dans une colère noire. S'il savait qu'elle avait parlé de son mal à quelqu'un d'autre que lui. Lui qui savait, et qui pourtant, essayait chaque jour en vain, de la changer. Tout n'était qu'illusion. Oui, tout cela n'était qu'un cauchemar.




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Dernière édition par Astrid le Mer 11 Juil - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Jeu 5 Juil - 8:33

Astrid eut deux réactions à l’ouïe des paroles d’Armand. La première : une façade de neutralité, attitude négligemment quelque peu nobiliaire, un souvenir de mortalité, peut-être. Après tout, Armand ne s’était jamais intéressé à la vie mortelle des membres du Théâtre…Quel intérêt y avait-il à ça ? Elle était finie, oubliée. Ils étaient morts, et vivait leur mort, pas leur vie. Certains avaient peut-être du avoir un travail, une famille, des amis…En vérité, si, Armand s’intéressait quelque peu à la vie mortelle de ses vampires, tout du moins, le moment à partir du quel ils avaient commencé à être en contact avec un vampire –qui, en général était leur créateur.

- Je n'aime pas la chasse. Je n'aime pas la chasse, car c'est un jeu puéril, sauvage et barbare. Ces humains que nous tuons pour nous nourrir, ces humains qui auraient pu être nous, naguère. Avant que nous devenions des vampires assoiffés de sang frais, nous étions humains. De pauvres mortels. Et pourtant, cela, tous semblent l'avoir oublié.

Armand joignit ses lèvres en un petit sourire désabusé à l’égard des paroles d’Astrid, si naïves. Pauvre chose incapable de comprendre la loi qui perdurait depuis des millénaires, qu’était celle de la nature. Il fallait tuer pour vivre, vivre pour tuer. Tels les loups tuant les moutons. Les loups de Satan tuant les agneaux de Dieu. Tout n’était qu’instinct de survie, depuis des millénaires et qui perdurerait pour des siècles et des siècles. Ainsi la grande chaîne de la vie.
Astrid baissa les yeux, comme honteuse de sa vérité tout juste révélée à celui à qui ceci lui plairait le moins d’entendre. Armand qui lui magnifiait la mort dans des spectacles…La rendant presque belle et enviable au lugubre de la vie. Néanmoins, il ne comprenait pas ces vampires trop consciencieux. Certains tuaient des mauvaises personnes pour avoir l’impression de faire le bien, ça, oui il pouvait le comprendre ; mais ne pas tuer, ça non. C’était comme se priver de manger, c’était insensé !


- Cette mort, que j'ai en moi, dis-tu. Cette mort qui me possède, qui me ronge de l'intérieur, jamais, Ô grand jamais, je ne la donnerai à qui que ce soit. C'est cette même mort qui me garde éternelle le seul côté mortel que je possède encore. Si je la donnai, alors je deviendrai comme eux... Comme vous... Des monstres ayant le hobbie de traquer, de jouer, de tuer, et même d'en jouir. Je refuse.

Armand l’observa en silence, se demandant bien ce que Santiago avait fait en engendrant une créature pareille. Céleste elle, n’était pas ainsi même à son arrivée, peut-être était-elle plus extravertie mais certainement pas horrifiée par la mort reçue qu’elle devait redistribuer. Le chef du Théâtre des Vampires l’avait toujours préférée à Astrid d’ailleurs, la trouvant plus dynamique, plus drôle, plus vampire… Il devint plus sombre, relevant le menton d’Astrid pour la regarder dans les yeux tandis qu’il parlerai.

- Tu veux que je te confie un secret ? Nous sommes faibles, tous. Toi, tu refuses d’être comme les vampires auxquels tu crois, mais justement, ceux auxquels tu crois n’existent pas. Ils ne sont pas forts, les vampires. Ils ne sont pas ces êtres dominant défiant Dieu : Ils ne sont que ces êtres rampant soumis à Satan. La plupart d’entre eux ne passeront pas les cent cinquante ans parce qu’ils ne font que fuir la mort. Oh, ils en ont peur, si peur…Alors ils font comme si ils la contrôlaient ! Ils tuent, encore et encore, même s’ils n’ont pas soif. Ils tuent. Ils croient être les envoyés de la mort, mais ils n’en sont que les proies.
Je te le répète Astrid, ils sont faibles.

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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Mer 11 Juil - 11:43

Semblant réfléchir à ses douces paroles, il releva par la suite le pâle menton d'Astrid afin qu'elle ne le quitte probablement pas des yeux tandis qu'il parlerai.

- Tu veux que je te confie un secret ? Nous sommes faibles, tous. Toi, tu refuses d’être comme les vampires auxquels tu crois, mais justement, ceux auxquels tu crois n’existent pas. Ils ne sont pas forts, les vampires. Ils ne sont pas ces êtres dominant défiant Dieu : Ils ne sont que ces êtres rampant soumis à Satan. La plupart d’entre eux ne passeront pas les cent cinquante ans parce qu’ils ne font que fuir la mort. Oh, ils en ont peur, si peur…Alors ils font comme si ils la contrôlaient ! Ils tuent, encore et encore, même s’ils n’ont pas soif. Ils tuent. Ils croient être les envoyés de la mort, mais ils n’en sont que les proies.
Je te le répète Astrid, ils sont faibles.



Alors que les derniers mots sortaient de la bouche du vampire, Astrid se défit de l'emprise que celui-ci avait sur elle. Elle fit un mouvement de la tête afin de ne plus le regarder dans les yeux, cachant ses yeux meurtris par la déception et la triste vérité de ses paroles, tandis qu'elle réfléchissait posément à celles-ci. Elle ne le croyait pas. Non. Elle refusait de le croire. Ces vampires auxquels elle vouait un culte, auxquels elle croyait réellement, le vampire qu'elle était... Ils existaient. Ils existaient tous. Et les vampires comme Armand existaient également, mais à l'inverse, eux ne méritaient aucunement de vivre parmi eux. Ils ne faisaient que le mal sur cette Terre, ils se croyaient plus fort que tous, alors qu'ils ne faisaient que s'attaquer à plus faibles. Lâches. Voilà ce qu'ils étaient réellement.
Astrid, déjà prise d'une audace soudaine, fit alors face à Armand tandis qu'elle plongeait d'ores et déjà son regard clair dans le sien.

- C'est faux. Les seuls faibles, ce sont vous. Vous qui croyez être au dessus de tous, qui pensez être invincible. Vous qui vous croyez plus fort que tous, simplement parce-que vous êtes en position d'attaque et que vous avez le pouvoir de tuer et de soumettre vos pauvres victimes. Vous êtes bercé d'illusions propres à vos paroles, mais vous n'êtes rien d'autre que des lâches. Alors oui : ils son faibles ces vampires. Mais les vampires auxquels moi je crois existent, bien au contraire. Ils sont en chacun de nous, ils font partie de nous. Ils demeurent notre côté mortel, et si certains aiment à le cacher, d'autre n'en ressente pas la hantise de le montrer.
Je ne suis pas faible, Armand. Vous êtes faibles.


Elle ne détourna pas le regard, mais ce n'était en rien de la provocation. Astrid n'était pas en force de provoquer. Elle soutint le regard d'Armand simplement pour admirer la lueur de ses yeux qui changeraient peut-être subitement face à ses franches paroles. Astrid ne souhaitait pas le mettre en colère, loin de là. Elle était bien trop craintive pour cela. Elle souhaitait qu'il ait comme une prise de conscience soudaine, qui le ferait changer. Qui les ferait changer. Malheureusement, elle n'était pas dans l'ignorance que c'était impossible. Le pouvoir... Les vampires l'appréciait trop pour l'abandonner. Pour l'heure, elle avait parlé, répondu, donner son avis sincère. Ce qui lui était arrivé très peu de fois. Et les peu de fois étaient en compagnie de Santiago quand elle se rendait compte de la vie immortelle qui se dressait devant elle et se promettait d'être bien trop longue et fatigante. Et Santiago avait bien sa manière à lui de réagir. Il se mettait bien souvent en colère, certes, et elle avait peur. Oui, elle craignait Santiago. Mais elle le connaissait pour savoir que ce n'est pas lui qui lui ferait du mal. Non, le problème étant que cette fois, ce n'était pas Santiago qui se trouvait face à elle. Et ce n'était pas Santiago qui allait lui répondre.




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et s'écoule telle une eau courante,
bercée de merveilleux souvenirs. »
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Armand
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Aucune Voie du Diable ne se déroule sous mes pas et aucun carillon de l'Enfer ne résonne a mes oreilles...




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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Jeu 12 Juil - 9:57

Comme en sa prévision, Astrid détourna le regard, pour éviter cette vérité qui semblait être enfouie dans les yeux couleur de la terre d’Armand. Il n’avait fait qu’énoncer les faits. Les faits vrais. Il ne l’avait pour ainsi dire jamais fait du fait que jamais autrui ne lui avait parlé de la sorte, avec cette étrange sensibilité propre aux humains. Trop humaine, c’était sans doute cela son unique problème…Pas en apparence, non, ses yeux étaient trop fixes, trop luisants, ses ongles trop beaux, ses cheveux trop soyeux, son visage trop constant. Une âme meurtrie dans un corps de jouvencelle, voilà ce qu’Astrid était, rien d’autre. Pauvre enfant…Armand le savait, elle ne survivrait pas. Elle ne tiendrait pas toutes ces années ; un jour ou l’autre elle maudira ses cheveux d’or et ses mains douces : elle essaierai de les couper, de se mutiler, et enfin elle utilisera le feu qui la perdra. Elle aura néanmoins perdu la raison avant cela. C’était étonnant d’ailleurs le fait qu’elle ait tenu jusque là…
Après sa réflexion –que Armand respecta, la regardant seulement avec la tête inclinée sur la droite- elle replongea ses yeux dans ceux du chef du Théâtre des Vampires. Elle semblait étrangement déterminée
:

- C'est faux. Les seuls faibles, ce sont vous. Vous qui croyez être au dessus de tous, qui pensez être invincible. Vous qui vous croyez plus fort que tous, simplement parce que vous êtes en position d'attaque et que vous avez le pouvoir de tuer et de soumettre vos pauvres victimes. Vous êtes bercés d'illusions propres à vos paroles, mais vous n'êtes rien d'autre que des lâches. Alors oui : ils sont faibles ces vampires. Mais les vampires auxquels moi je crois existent, bien au contraire. Ils sont en chacun de nous, ils font partie de nous. Ils demeurent notre côté mortel, et si certains aiment à le cacher, d'autre n'en ressente pas la hantise de le montrer.
Je ne suis pas faible, Armand. Vous êtes faibles.

Armand fut étonné par cette soudaine audace, qui, de la part d’Astrid était inattendue. Céleste aurait pu lui tenir tête ainsi, sur d’autres sujets certes, mais elle aurait pu. Là, ce n’était pas la même chose, Astrid était craintive, Astrid était fragile. Elle croyait néanmoins en ses propres idéaux sans se douter que les plus vieux détenaient le plus grand savoir. C’était le cas avec son créateur, il avait toujours su tant de chose pour lesquelles Armand était trop jeune. Il remarqua d’ailleurs qu’Astrid n’avait pas du être plus vieille que lui lorsqu’elle avait reçu le baiser mortelle. Seize ans ou dix-sept ans ?
En guise de réaction, tout d’abord, Armand resta neutre. Puis il descendit du piano sur lequel il était hissé et tourna le dos à Astrid. Il fit quelques pas dans la salle des arts et se mit à rire. D’un beau rire ; un rire charmeur et à la fois angélique, presque angoissant mais tellement enfantin. Il se retourna alors vers la jeune fille, un sourire désabusé sur les lèvres :

- Astrid…Je crains que Santiago ne t’ait pas appris une chose fondamentale : Nous ne sommes pas mortels. Ou plus, si tu préfères. Cette « partie mortelle » n’est qu’un vestige de notre humanité de jadis.
Oh ! mais que dis-je… « Notre »… Ton ! Ton humanité de jadis. Entre ces murs de pierres, il me semble qu’il n’y ait que toi qui possèdes cette relique.

Il eut un petit ricanement dédaigneux.
- Pour ton bien, je te conseille de ne pas croire en cette chimère que tu t’inventes. Toi aussi tu es faible, et même plus que les autres. Tu caches tes yeux pour ne pas voir la vérité…
En un mouvement quasi-imperceptible, il se retrouva derrière Astrid. Il finit en murmurant à son oreille :
- Qu’est-ce que tu croyais ? Qu’ils avaient une once d’humanité et qu’ils en avaient honte, ce qui expliquait le fait qu’ils ne la montraient pas ? Oh non…S’ils ne la montre pas, c’est qu’ils n’en ont pas. Je te le répète cesse de croire en cette chimère.
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Astrid
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"Je pouvais sur mon coup, sentir sa chaude haleine. La peau de ma gorge commençait alors à me picoter... Je pouvais sentir les délicats et frémissants frôlements des lèvres sur ma gorge à la peau délicate, et la dure incision de deux dents aiguisées."




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MessageSujet: Re: Parce que nous ne pouvons jamais être seul.   Lun 30 Juil - 9:44

Le vampire eut plusieurs réactions à proprement parler similaire. Il y eut tout d'abord l'impassibilité, si bien qu'Astrid ne cessait de scruter les yeux clairs et cristallins, d'une lueur pourtant étrange de cet Armand là, afin d'y deviner ne serait-ce qu'un mot incompréhensible de l'une de ses douces pensées. Suivit un mouvement, une action : Armand se leva avec grâce du piano sur lequel il s'était assis quelque secondes auparavant, avant de parcourir la grande salle. Du moins, c'est ce qu'il faisait sans doute possible car Astrid ne s'était en rien retournée pour l'observer, se contentant d'écouter ses pas résonnant sur le sol et faisant écho sur les murs tout aussi épais. Ses grands yeux toujours baissés, elle émit un sursaut futile lorsque le vampire se mit à rire. Son rire était enjôleur, doux à l'écoute, mais tellement inquiétant. Et ses paroles se firent plus inquiétantes encore.

- Astrid…Je crains que Santiago ne t’ait pas appris une chose fondamentale : Nous ne sommes pas mortels. Ou plus, si tu préfères. Cette « partie mortelle » n’est qu’un vestige de notre humanité de jadis.
Oh ! mais que dis-je… « Notre »… Ton ! Ton humanité de jadis. Entre ces murs de pierres, il me semble qu’il n’y ait que toi qui possèdes cette relique.
Pour ton bien, je te conseille de ne pas croire en cette chimère que tu t’inventes. Toi aussi tu es faible, et même plus que les autres. Tu caches tes yeux pour ne pas voir la vérité…



En un mouvement qu'elle ne vit pas, qu'elle n'entendit même pas, Armand se retrouvait derrière elle, lui susurrant à l'oreille la continuité de ses mots. Astrid frémit, tremblait presque mais le cachait, et retint sa respiration pourtant inutile.

- Qu’est-ce que tu croyais ? Qu’ils avaient une once d’humanité et qu’ils en avaient honte, ce qui expliquait le fait qu’ils ne la montraient pas ? Oh non…S’ils ne la montre pas, c’est qu’ils n’en ont pas. Je te le répète cesse de croire en cette chimère.

Ces paroles... Ses paroles... Elles les avaient déjà entendu quelque part... Elles le connaissaient par coeur... Oh que si, Santiago lui avait appris tout cela, et apparemment, elle n'avait en rien retenue la leçon. Elle ne voulait plus rien apprendre, son avis était fondé, maintenant. Plus rien ne pouvait changer. Du moins, c'est ce qu'elle pensait.
Mais pourquoi résister si le monde était fait ainsi ? Si la mortalité ne faisait qu'accroître le désir de pouvoir des vampires, leur désir d'enfant gâté ? ... Alors il fallait abandonner, s'avouer vaincu et reprendre son chemin, avec pour seule but : garder la vie. Etait-ce cela l'immortalité ? - L'ennui était que la vie, Astrid n'y tenait plus depuis bien longtemps, dorénavant. Et la seule et unique chose qui la retenait était Santiago. Et pourtant, c'était ce même vampire qui lui murmurait les mêmes paroles qu'elle refusait d'entendre. Ce vampire, son créateur, sa famille... C'était lui et seulement lui qui avait été si égoïste et qui l'avait privé de sa mortalité. Lui qui n'avait pensé qu'à sa personne et non aux sentiments d'autrui. Ô dieu, pourquoi ce châtiment ? Quel est-il ? Qu'a donc fait cette enfant de si terrible pour mériter cette douce torture qui possède pourtant l’apparence d'un cadeau, d'un don...

Se levant à son tour du piano, tandis que sa longue robe de flanelle glissait sur l'objet tant aimé, ce même tissu d'une blancheur aussi pâle que son visage, qui dévoilait ses parfaites courbes de jeune enfant.
Elle fit face à Armand, seulement un millième de seconde à peine, avant d'atteindre la porte d'un mouvement si rapide qu'il en était souple et gracieux.
Cette altercation, elle l'oublierait. Elle n'en parlerait pas à Santiago, surtout pas à Santiago. Elle la retiendra comme un mauvais rêve, une illusion, un cauchemar, qu'elle classerait dans les souvenirs qu'elle avait le droit d'oublier. Non, elle ne voulait pas écouter. Ni même entendre.

Alors elle se contenta de poser ses doigts glacés sur la poignée, n'osant plus plonger son regard clair dans celui du vampire, avant de déclarer :

- Je ne cesserai jamais d'y croire. En cette chimère.

Et de s'en aller.




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Parce que nous ne pouvons jamais être seul.

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