Kyrie Eleison - Les enfants de Satan

Enfants de Dieu, vous voilà adoptés par Satan...
Forum Rpg.

 
Nous sommes en mars 1850...Le temps est plutôt à la pluie du côté de Paris, brumeux pour la Transylvanie et clément en Italie...


Les prédéfinis sont arrivés ! Adoptez-les, ils sont adorables <3

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 Il n'est pas âme qui vive...

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Azraëlle
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"Triste Lune dont le reflet est accessible de tous. Toi Lune grise, tu règne sur ceux-là qui ne voient plus que toi...
Nous ne rêvons plus de rien."



But I shall rule...

Récits :
93

Localisation :
Une certaine scène, dans une certaine Capitale. C'est incertain.



Derrière le masque
Relations positives:
Relations négatives:
Dangerosité:
485/500  (485/500)

MessageSujet: Il n'est pas âme qui vive...    Mer 23 Mai - 20:16

There was the night, this night.

Elle savait bien ce soir, qu'il faisait froid. Mais Ellen lui avait demandé de venir. De venir immédiatement, et Ellen n'attendait pas. La nature de sa douce compagne, Azraëlle le savait, n'était pas humaine. Elle avait été le témoin de curieux massacres, de jeux étranges. Ellen laissait derrière elle un goût amer de mort et de saphisme.

Ellen... Sa curieuse demie-soeur. Son aînée.

Mais encore jeune qu'était Azraëlle, à vingt ans, elle n'en restait pas moins la morbide gouvernante d'une famille réputée pour sa violence et son chaos sanglant. Cela lui plaisait. Tant qu'Ellen ne la touchait pas, dans un sens comme dans l'autre, elle se complaisait dans son sillon. Sage en apparence, décadente officieuse, elle savait des mystères sans âges, plus que raison. Lorsqu'elle n'était qu'une enfant, on la félicitait souvent pour son latin parfait, ses manières nobles, et sa cruauté parfaite. Elle occupait un grade haut-placé dans la hiérarchie de la seigneurie, où de par la moitié de son sang elle possédait des droits. Elle était juste, et aimée de ceux à qui elle commandait, mais nul ne disait ce qui se passai lorsque l'un ou l'autre des serviteurs disparaissait.
Elle avait trouvé en Tristain, un homme qui mettait du baume à son coeur, de douceur et de fierté, il l'avait couvé sans relâche jusqu'à l'avoir fiancée. Son sang, était noble, pur, quoiqu'en tant que cadet, il s'était fait chevalier, ce qui avait de quoi réconforter l'honneur bafoué de la jeune femme. Et puis, chose plus importante, ils s'aimaient. Le caractère fin, doux et intelligent du jeune homme avait calmé pour un temps les folies passagères d'elle, qui avait un égo trop grand pour ce qu'elle était. Elle allait l'épouser.
Au matin du mariage, gisait sur l'autel un homme mort. Déchiqueté. Eventré. Emasculé. Elle fût la première à l'apercevoir, en portant les tubéreuses qui devait joncher le lieu de l'union. On le pleura, sauf elle. Et deux ans s'écoulèrent, monocordes, lisses, morts.
Et surgit Ellen. Dame Ellen pour les gens du château, réprouvée pour paraître trop jeune à l'aube de ses quarante ans. Dame Ellen qui fit rire Azraëlle. L'amitié qui les unit durant deux ans était parfaite, l'une effacée, pâle et discrète, l'autre exubérante et scandaleuse. Damoiselle A. était l'ombre, Dame E. était reine. Elles se complétaient à merveille.

C'était pour cette raison qu'Azraëlle se pressait ce soir là. Il lui avait semblé que l'épître envoyé était plus grave et moins badin que ceux qu'elle recevait d'ordinaire. Elle devinait que ce soir là n'était pas comme les autres. Mais Ellen était bien mystérieuse et rien n'avait été écrit. Seuls les sous-entendus restaient. Elle se mit à courir. Quand elle passa la porte de la grange, une main frêle et pâle, à la puissance démesurée la traina dans le foin tandis qu'elle retenait un gémissement de douleur. Ellen l'assit dans la paille et s'agenouilla près d'elle. Sa main frêle glissa du coude vers l'épaule avec douceur.

"-C'est une année de plus pour toi.
-Il eût mieux valu que je meure avant. Ou me marie. Je ne suis, et ne serais jaimais rien d'autre que la vieille fille grinçante, faisant pleuvoir les coups sur les têtes. Ce fût une journée ennuyeuse à mourir...
-Ta mère n'avait pas tressé les tubéreuses...?
-Elle a estimé que ma pureté douteuse ne les méritait pas. Elle te hait. Je ne devrais même pas être ici..."

Ellen sourit tristement, et serra l'épaule de sa compagne, jubilant d'avance du cadeau qu'elle allait pouvoir offrir à celle dont l'héritage mourrait, étouffé dans l'oeuf par elle-même, de peur que le partage fût autre que celui qu'il se devait être: deux part. Un quart pour l'une les trois pour l'autre. Ellen y tenait. Et Azraëlle immortelle, de une, ne lui serait plus un danger car mourrai avant son premier siècle, et si par miracle survivait, rechignerait à la possession de tout biens matériels. La femme le savait, sa protégée n'aurait qu'une envie, partir et apprendre. Ellen pouvait tout garder.

Mais il faudrait expliciter les sentiments d'Ellen à l'égard de la douce et calme Azraëlle. La relation qui s'était instaurée entre elles n'était pas fraternelle, il y avait cette sorte de recul face à la vie d'avant qui n'avait rien de fraternel. Elles savaient discerner ce qui avait été la vie de l'autre et ce qui avait été leur propre vie, et plutôt que de se compléter, elles se fondaient en un tout si parfait qu'on eut jamais l'idée de les voir seules. Ce qui attachait Ellen à Azraëlle, c'était la nature profondément refoulée de cette dernière, une nature sans douceur, et sans passion, un dédain si parfait qu'on pouvait le prendre pour une qualité si rare qu'est l'humilité, la douceur. On pouvait dire d'Azraëlle qu'elle était fade. Mais c'était ce qui voilait sa nature si folle et sauvage, sa nature animale si profondément niée parce qu'elle en avait conscience. La jeune femme avait toute conscience d'être la sorte d'animal qui régnait en maître sur ses pulsions. Elle était empreinte d'un tel contrôle, même lorsqu'elle punissait les servants qui avaient mal servi. Toujours parfaite de maîtrise. Ce soin si particulier à se nier n'avait pas échappé à Ellen, qui incarnait l'absolu contraire de sa soeur. Elle, n'était pas autre chose qu'une boule de passion qui cédait à tous ses instincts. Chacune vénérait en l'autre ce qu'elle ne possédait pas. A la seule différence que Ellen gardait Azraëlle près d'elle plus par intérêt et curiosité que par amour, tandis qu'Azraëlle avait fort bien cerné sa soeur et niait, toujours, ce qu'elle savait être de la haine au fond d'elle. De la haine pour celle qui la croyait simple instrument.
Aussi la plus dangereuse n'était pas celle que l'on aurait pu croire. Même si Ellen était devenue avec les siècles une parfaite sage, sans trop de sang, ni trop de haine pour la gente humaine, c'était sa délicate soeur qui savait le plus dissimuler sa véritable nature et qui avait donc au final le plus puissant des atout. La dissimulation.

"-Qu'avais-tu à me dire, Ô ma soeur?"

Ellen la fixa de ses yeux de velours taupe, pailletés d'un brun chaud et délicat. Azraëlle portait une robe de bure teinte dans un vert profond, avec un col assez haut, doublé de ce que l'immortelle devina être du renard. Une ceinture de cuir tanné ceignait sa taille et une fibule de cuivre retenait la pèlerine qu'elle portait sur son épaule. Azraëlle était une femme qui avait ce charme qui faisait qu'on ne l'oubliait pas, avec ses yeux qui paraissaient avoir des siècles, sa peau très pâle et son visage sans âge. Oui, c'était vrai, on aurait pu lui donner plus que les vingt deux ans qu'elle portaient, parce que son visage avait des traits marqués par la sagesse, et par les épreuves. Cela n'avait jamais dérangé l'immortelle, parce qu'elle savait, qu'au delà de l'âge elle possédait le charme et l'élégance rare que peu pouvait se vanter de posséder.

"-Il est une vie, une autre vie. Je pourrais te l'offrir. Tu pourrais renier tout ce qui est ici. Tu pourrais devenir plus que ne seras jamais. L'imagine-tu ma soeur, une vie sans mort, une vie de nuit certes, mais la Vie. Littéralement. Je peux te l'offrir si tu me le demandes. Et j'ai déjà commencé. Pardonne-moi soeur, mais ce mortel que tu aimas, ce qu'il pu ridiculiser ta puissance. Ce qu'il pu humilier ta force. Tu es ma soeur, je ne te laisserai pas tomber dans la faiblesse. Demande-moi Ô Azraëlle, et je fais de toi une immortelle."

Et Azraëlle fit ce qu'elle avait toujours fait. Elle nia. Elle fit semblant de n'entendre que ce qu'elle voulait. Elle répondit.

"Offres-moi cette Vie soeur, maintenant, à présent et pour toujours."

Ce fût cette nuit là qu'elle disparut.







Je te tuerai Invité.

Merci.


Dernière édition par Azraëlle le Sam 21 Juil - 18:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il n'est pas âme qui vive...    Sam 21 Juil - 13:08

Mis à jour.


Je te tuerai Invité.

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